dimanche 16 septembre 2012

Feuilleton ?



Les lapins ne meurent jamais...
(cf livraison 8)

Fibonacci a deux « c » ; puisque les lapins ont deux oreilles Fibonacci est un lapin et Fibonacci ne meurt jamais, mais Fibonacci ne connaît ni le principe de Peter, ni la LEM, Lewis Carroll est un lapin blanc photographe d’oies blanches plumées par O’Maley, et Murphy est le nom de mon lapin hélicoptère, alors ça va barder !
0 1 1 2 3 5 8 13 21 34 55 89 144 233 377 610 987 1597 2584 4181 6765 10946 17711 28657 46368 75025 Fn-1+Fn-2
Évidemment, je ne suis pas zéro et si je suis seul à me lire je pourrais être seul à m’admirer. Jusque-là toute demande de rab est de la triche, donc nous démarrerons à deux ! Hé, hé. Alors nous sommes fondés à demander la suite.
Si deux personnes la demandent (la suite) dans les commentaires de ce blog, je publierai le second épisode
Si trois je publierai le trois
Si 5 demandent le suivant, je montrerai le 4
Si 8 le veulent, je donnerai le 5
À 13 je me fendrai du 6
Si 21 le 7
À 34 le 8
Pour 55 le 9
Si 89 le 10
Si 144 le 11
Si 233 le 12
Si 377 le 13
À ce rythme-là le 21e chapitre (de la première partie) sera publié à condition que 17 711 lecteurs le demandent (mais je saurais me contenter à ce stade de « l’aient demandé ») soyons... rêveurs !



— Rêveurs —


« Le rêveur est mort ! Le rêveur est mort ! »
Le gamin hurlait à pleins poumons en dévalant la colline boueuse.
Tantôt glissant, tantôt prudent, crotté graduellement de la tête aux pieds, il ne cessait de s’égosiller, filait à droite, détalait à gauche pour répéter une nouvelle qui, portée d’une fenêtre ouverte à une porte entrebâillée, envahissait de plus en plus vite la bourgade.
Comme la rumeur se propageait, enflait aussi l’agitation. Beaucoup de gens faisaient rentrer les enfants. Pourtant il n’était pas tard ; le temps couvert et pluvieux de cette fin d’après-midi ne parvenait pas réellement à assombrir la lumière du printemps. Ce que le gosse au bord de l’extinction de voix diffusait, maintenant avec moins de virulence, semblait devenir plus inquiétant si on examinait le comportement des villageois.
Ils étaient regroupés et des phrases compréhensibles s’élevaient parfois au-dessus du brouhaha : « Les guerriers vont s’ennuyer… Ils vont recommencer à se battre… les pillages… les céréales et les bêtes à l’abri. »
Le bourgmestre parvint enfin à calmer habitants et édiles à présent réunis sur la minuscule place du marché encaissée au centre du village. Le gamin avait été arrêté d’une taloche par l’épouse du maire, ramené à la raison et sur les pavés du hameau par une oreille dûment tractée et, entre temps, fortement rougie. Il avait été prié de se ressaisir, de raconter ce qu’il avait appris, comment et où il l’avait su. Ce qu’il décrivit alors fit tomber quelques bras, hausser quelques épaules et fumer quelques pipes de manière plus véhémente. Accessoirement, la pression sur son lobe se relâchant, il se sentit plus calme et autorisé à continuer son bavardage.

Il rameutait quelques canetons égarés dans les orties au fond des douves asséchées du Castel des Marais lorsqu’il avait surpris un gardien en conversation avec sa relève. Tous deux paraissaient à la fois alarmés et enthousiastes. Leur vieux rêveur d’étoiles venait de trépasser. La guerre pouvait recommencer après que les soldats s’étaient perdus pendant plus de cinq décennies dans l’univers onirique. La paix réelle était enfin terminée. Heureusement, cela ferait du bien de changer un peu et de se dégourdir les articulations dans la douleur, hors des mondes factices. Une petite pause réalité, ça ravigoterait, ça réveillerait les ankyloses et on pourrait à nouveau les sentir s’évanouir dans la chaleur des muscles et des combats. La jouissance était à leur portée tant que la population alentour ne leur aurait pas imposé mieux ! C'est-à-dire un nouveau rêveur. Et il fallait qu’il soit bon pour les maîtriser, car leur énergie guerrière était au plus haut !
Ils péroraient. Fermes et excités, ils parlaient déjà du village en contrebas avec des yeux brillants. Des rodomontades de guerriers dont le gosse rendait compte avec quasiment de l’enthousiasme. Entre temps certains villageois, dont ses parents, avaient commencé à le regarder de travers celui-là…
Le gamin libéré, les gens se dévisagèrent consternés. Bien sûr, ils se connaissaient tous, et leurs liens familiaux se tissaient jusqu’aux villages éloignés des contreforts. Aucun d’entre eux ne ferait l’affaire, pas un seul rêveur venu au monde dans les vingt dernières années. On avait fini par ne plus y faire attention, engoncés dans le confort depuis trois générations. Le vieux rêveur avait donné à tout le monde un sentiment sournois et illusoire d’immortalité.
Malgré l’affolement, personne ne songeait à essayer de duper les résonateurs qui seraient chargés de sentir la présence d’un nouveau maître d’onirie. Certains maires avaient jadis fait courir des bruits à propos d’enfants doués. Le mensonge était un péché mal pardonné. Mourir par le fait des sabreurs était, disait-on, la pire des morts si c’était la punition d’un jugement de fausseté. De même le désordre et la douleur résultant d’un tel acte n’étaient pas estimables pour la famille du menteur et la communauté qui l’entourait. On se murmurait les pires histoires à propos des mesures de rétorsion subies dans ces cas-là ; des affaires de membres détaillés en morceaux assez fins pour regarder le soleil à travers… Et le détail fait à vif jusqu’à ce que les hurlements soient infinis.
Il fallait absolument pour la sauvegarde du village et l’intégrité des organes de ses habitants, chercher un rêveur et planifier l’anarchie qui résulterait de ce temps de recherches.
« Réunion immédiate des hommes chez moi, dit le maire, toutes les femmes préparent les stocks après avoir ouvert et nettoyé les caches à codes souterraines ! Réveillez le mage, il doit avoir les clés dans un grimoire poussiéreux. Il est presque aussi vieux que l’était le rêveur défunt. Et fissa ! »
Deux groupes se séparèrent et le forum improvisé dans la gadoue et terminé sur les pavés boueux se retrouva vide.

C’est ainsi que le cirque infernal a commencé. Cela fait à présent trois mois que le rêveur est mort, que les guerriers ont pris le mors aux dents, agités, frénétiques, fourbissant leurs armes dans un boucan indescriptible, du matin jusqu’au soir et inversement, tout cela dans un désordre total.
Les habitants des bourgs et des hameaux dans toute la vallée savent de quoi il retourne et se sont organisés. Cette organisation a semé le désordre dans les travaux et d’aucuns maugréent déjà que si l’on continue ainsi, il n’y aura plus besoin des guerriers pour mener le village à sa ruine. Et puis d’ailleurs qu’est-ce qu’ils attendent ceux-là ? Certains éleveurs dont la famille pouvait assurer une présence auprès du cheptel, ont été envoyés au loin, avec dans leurs bourses de quoi acheter un rêveur naturel à ses parents, ou dans leurs mains de quoi convaincre un rêveur adulte. D’autres se sont constitués en milices patrouillant la vallée, à surveiller les chemins et les routes d’accès dans l’espoir de glaner des renseignements, voire par une chance insigne, de mettre la main sur un voyageur adéquat auquel on s’empresserait de ne pas demander son avis. 
Quant à la soldatesque, heureusement pour l’instant, il ne s’est pas trouvé de chef pour les fédérer, eux et leur énergie. Les défis individuels, et les combats de groupuscules bousculés devant le Castel semblent, étonnamment, leur suffire.

Mais pour combien de temps ? Et qui sera capable d’être leur chef ?
 


vendredi 10 février 2012

Gabriel Eugène Kopp, un poète français

© Dernières Nouvelles D'Alsace, Mardi 7 février 2012.


Le Haguenovien Gabriel Eugène Kopp vient d’être admis dans le cénacle de la Société des poètes français ; il l’a appris en janvier dans un courrier signé par son président, Vital Heurtebize.

C’est une belle reconnaissance pour cet écrivain de 60 ans, qui, en marge de ses activités professionnelles de psychologue clinicien à l’Epsan à Hoerdt et de conférencier, noircit des feuilles de ses écrits depuis une quarantaine d’années. L’assemblée, qui siège à Paris, a compté dans ses rangs des poètes tels que Louis Aragon, Tristan Bernard, Abel Bonnard, Blaise Cendrars, François Mauriac, Paul Valéry ou Émile Verhaeren.

Gabriel Eugène Kopp a publié plusieurs recueils de poésie : Caraïbes (2009), aux odeurs de voyage, Mots de passe (2010), une réflexion sur la mort, qui lui a valu le prestigieux prix Jean-Cocteau de la Société des poètes français, ou encore Lorraines (2011), balades dans des lieux familiers à l’auteur.

Gabriel Eugène Kopp a également publié deux courts romans de science-fiction, Au nord-nord-ouest d’Eden (2008) et La dernière Nécropole (2009).

Cél.R.

    mardi 31 janvier 2012

    Gaillarde de brumes glacées


    Au jardin dénudé l’hiver joue de la neige ;
    Je m’avance amusé, des flocons sur le dos
    Et, dans un tourbillon, s’envole mon chapeau.
    Pendant quelques instants, j’entre dans un manège


    Pour une valse lente, un souffle, un sortilège.
    Mon arbre et mon vieux banc, tous nos instants flétris,
    Esquissent avec moi, les trois temps de jadis ;
    Le vent joue un morceau de glaçons en arpèges.


    Nous rêvons, tournoyant bienheureux tous les trois
    Qui inventons un bal, des anges et des rois
    Sans ailes, dépouillés, semblables, sans entraves :
    Tu es mon sceptre, ô bois ! Toi, mon trône de grès !
    L’hermine est sur mon dos ; je glisse un menuet
    Et ma chanson se perd dans la bise suave…

    Heureuse nouvelle






    C’est fête !

    « Nous ne ferons pas les recruteurs du quai de la Ferraille. Il faut que ce soit une marque d’honneur méritée que d’entrer chez nous. »
    disait Auguste DORCHAIN, premier président de la Société des Poètes Français.

    Parmi tant d’autres, y entrèrent et y participèrent :

    François-P. ALIBERT, Paul AMIOT, Louis ARA­GON, Pierre BENOIT, Émile BERGERAT, Tristan BERNARD, Abel BONNARD, Théodore BOTREL, Paul BOURGET, Francis CARCO, Maurice CARÊME, Blaise CENDRARS, Jean COCTEAU, François COPPÉE, Georges COURTELINE, Tristan DERÊME, Paul DÉROULÈDE, Roland DORGELÈS, Paul FORT, Maurice FOMBEURE, Bernard GRASSET, Jacques HÉBERTOT, Émile HEN­RIOT, J.-A. LAFFORGUE, Pierre LOUYS, Patrice de LA TOUR DU PIN, François MAURIAC,  André MAUROIS, Catulle MENDÈS, Jean MORÉAS, Anna de NOAILLES, Marcel PAGNOL, Henri de RÉGNIER, Jean RICHEPIN, Edmond ROSTAND, Charles de ROUVRE, André SALMON, A. de SAINT-EXUPÉRY, SAINT-JOHN PERSE, SAINT-POL ROUX, Cécile SAUVAGE, Paul VALÉRY, Émile VERHAEREN, Robert-André VIVIEN, Marguerite YOURCENAR, Sully PRUDHOMME, José-Maria de HEREDIA, Léon DIERX., Charles VILDRAC, Jules ROMAINS, André STIRLING, André CHAMSON, Georges DUHAMEL… 

    « J’ai plaisir à vous accueillir au sein de notre illustre société. J’espère que vous vous y sentirez en bonne fraternité car vous y avez toute votre place ! »

    m’écrivait il y a deux jours Vital HEURTEBIZE, Président en exercice de la Société des Poètes Français.

    À vous qui aimez, indéfectibles, la poésie ; à vous tous, fidèles, qui me soutenez, lectrices et lecteurs, je dédie cette consécration et le chemin qui y mena.


    Merci. 


    Gabriel Eugène KOPP 


    De Ursorum Anima


    (L’ours)


    Près du ru vacillant
    Qui se jette du mont,
    Les embruns sont parés
    D’un argent incertain.
    Pas de vie, plus un pas 
    N’effleure le chemin.
    La cascade retient
    Tous les bruits et les sons.

    Au flanc de la hauteur,
    J’attends, debout, l’aurore
    Dans le gris brun rêveur,
    Quand souveraine encore
    La nuit de noir coiffée
    Par la nef étoilée,
    En contrebas du monde
    Hésite et vagabonde.

    Mais les ombres renoncent.
    Déjà dans la vallée
    Au théâtre estompé
    La lueur qui s’annonce
    Inscrit quelques reliefs.
    Un instant envié
    Un éclair dans la nef
    Étale sa ramée.

    Je reviens vers les eaux,
    Ma diffuse clairière,
    Leur chant ouvre mes yeux,
    Tout s’irise et s’éclaire,
    Tout se noie nébuleux,
    Dans un glorieux instant :
    J’inspire un ciel heureux
    De soleils et de chants.

    Je danse et me dandine,
    Si loin de ma tanière,
    Moi vieil ours attentif
    Ravi par l’or cordial
    Du jour qui naît enfin.
    L’âme un instant légère,
    Caressant, je chemine
    Serein, dans la lumière.

    mardi 18 octobre 2011

    Les Lorraines de Kopp

    © Dernières Nouvelles D'Alsace, Samedi 15 octobre 2011.


    À bientôt 60 ans, le Haguenovien Gabriel Eugène Kopp est depuis plus de quarante ans écrivain à ses heures perdues. De moins en moins perdues, cela dit : cette vie d'écriture s'est concrétisée ces dernières années par la parution de plusieurs romans et recueils de poésie. à l'instar du cru de cette rentrée, « Lorraines ».


    Il marche sur les pas des plus grands poètes -- pas par mégalomanie, loin de là : plutôt par espièglerie.

    S'il écrit depuis tout jeune, ses tiroirs regorgeant de poésies, de nouvelles et de romans, le Haguenovien Gabriel Eugène Kopp a toujours refusé d'éditer ses écrits à compte d'auteur : pas question de payer pour infliger aux lecteurs des pages qui n'en vaudraient pas la peine. Si c'est bon, postule-t-il, un éditeur, un vrai, s'en saisira.


    En marge de ses activités professionnelles de psychologue clinicien
    Et il se trouve que c'est bon, puisque nombre des manuscrits qu'il a adressés aux professionnels ont reçu de leur part un accueil très enthousiaste. Depuis trois ans, ce graphomane qui consacre la majeure partie de son temps libre à l'écriture -- en marge de ses activités professionnelles de psychologue clinicien à l'Epsan à Hoerdt et de conférencier -- publie au moins deux ouvrages par an.

    Deux courts romans de science-fiction, Au nord-nord-ouest d'Eden et La dernière Nécropole, et deux recueils de poésies, Caraïbes et Mots de passe (ce dernier lui ayant valu l'an dernier le prestigieux prix Jean-Cocteau de la Société des poètes français) ont ainsi déjà pris leur envol. Suivis, en cette rentrée, par une troisième collection de poèmes, Lorraines.

    Car, aussi exigeant que malicieux, Gabriel Eugène Kopp prend plaisir à toucher à tous les genres littéraires, et pour ce qui concerne le volet poétique de son oeuvre, à s'attaquer aux grands thèmes auxquels se frotte tout poète digne de ce nom : les voyages dans Caraïbes, la mort dans Mots de passe, et donc en l'occurrence, avant l'amour, forcément en prévision, sa région d'origine.

    Lorraines offre ainsi au lecteur une balade à travers des lieux familiers à l'auteur, ainsi qu'à travers les époques -- la seconde partie du recueil, très touchante, étant par exemple consacrée aux souvenirs d'école et de rentrée des classes. Avec un talent incontestable et toujours une grande créativité formelle (ses poèmes pouvant parfois se lire horizontalement ou verticalement, avec un sens tout différent), Gabriel Eugène Kopp livre des vers à la fois rêches, voire glacials, et tendres : comme dans la région qui en fournit la trame, la grisaille qui traverse Lorraines n'est que de façade.


    Florian Haby 

      Le Dernier Roman





      Sortie aux éditions de La Truite de Quénécan du recueil de nouvelles primées :


      LE DERNIER ROMAN

      Où figure en bonne place ma nouvelle "Le Poisson"

       
      On peut commander chez l'éditeur :

      Gilles du Pontavice
      Éditions La Truite de Quénécan
      La Forge Neuve, 56480 Sainte-Brigitte

       
      ou directement sur le site : http://www.latruitedequenecan.com/


      dimanche 21 août 2011

      Publication de "Lorraines"

      Éditions  Flammes Vives
       
       
      Gabriel Eugène KOPP
      LORRAINES
      Poèmes

      Préface de Rodolphe OPPENHEIMER


      Fils de mineur, petit-fils de mineur, Gabriel Eugène KOPP a choisi la poésie pour nous faire découvrir la singularité de ses « Lorraines », pour nous transporter à travers les lieux, mais aussi dans les méandres du temps. Le pari est risqué, et l’ouvrage, peut-être encore davantage que les précédents, constitue un remarquable défi intellectuel.

      Conçu en trois parties, ce recueil évoque l’enfance, l’amour de l’école, les hommes et les paysages disparus. De Forbach à Metz, entre Merlebach et les cités ouvrières, parmi les collines noires et les forêts verdoyantes, sous les pluies, les suies et les vents jamais éteints, vous serez happés par une force étrange qui vous conduira au cœur d’une substance parfois tendre, parfois brutale, glaciale même, mais qui marquera l’esprit hors de notre perception habituelle et rationnelle.

      Une fois le livre refermé, vous resterez un long moment auréolé d’impressions, parfois contradictoires sur la vie, les souvenirs, sur une région environnée d’une grisaille de façade et dont le cœur fut et demeura chaleureux. Gabriel Eugène KOPP nous oblige à le « ressentir ».

      Rodolphe Oppenheimer, rencontré sur les chemins étonnants de la vie, confronté au manuscrit de LORRAINES en fut bouleversé. Il préfaça le livre avec enthousiasme.

      Un magnifique ouvrage.

      Claude PROUVOST


      Né en 1951 à Cocheren (Moselle) 1951, Gabriel Eugène KOPP, qui vit désormais en Alsace, est diplômé de psychologie et de philosophie. Tout en poursuivant des études de théologie, il parachève sa formation de psychanalyste à l’École Freudienne de Paris, exerce le métier de psychologue des hôpitaux et enseigne la psychopathologie. Ancien directeur de formation en expression corporelle et en sémantique de l’image, ancien membre du CERIT, il est, lorsque démarre sa carrière d’écrivain, et dès son premier roman Au Nord-nord-ouest d’Éden, nominé aux Utopiales de Nantes. Son second recueil de poésie Mots de Passe, lui vaut le Prix Jean Cocteau de la Société des Poètes français.

      118 pages - 15€ - en commande chez l’éditeur ou en librairie dès le 10 août 2011
       

      dimanche 17 juillet 2011

      La Truite de Quénécan

      Extraits du site



      « Autrefois atelier d'affinerie des Forges des Salles jusqu'en 1841, moulin à tan jusqu'en 1949, scierie dans les années 1960, restaurant jusqu'en 1995 dans la petite maison à droite de la photo, le site de la Forge neuve classé ISMH renaît magiquement en 2009 avec quatre axes :
      — la nature : une nature préservée depuis des générations par ses occupants, la forêt de Quénécan, ouverte au public dans le respect de son économie et de ses activités traditionnelles — une forêt vivante.
      — la culture : siège d'une maison d'édition, La Forge neuve accueille des écrivains et des musiciens, et fait connaître le patrimoine de la Bretagne, dans son terroir du Kost ar C'hoad, sur la frontière entre la Haute et la Basse-Bretagne. Une culture populaire, la découverte des activités anciennes comme des actuelles.
      — les arts : en accueillant l'atelier du sculpteur Philippe Cormand, La Forge neuve donne à cet artiste reconnu un lieu d'exposition à la (dé)mesure de son talent.
      — la cuisine : après quinze ans d'existence d'une auberge mythique, et les journées gastronomiques de 2009, La Forge neuve entend devenir une vitrine de la gastronomie, des bons vins, et des bons produits de Bretagne […]
      La Truite de Quénécan, éditeur, organisait en 2010 son premier concours de nouvelles littéraires sur le thème : « La pêche dans les étangs et rivières de Bretagne ». Les trois nouvelles sélectionnées par le jury ont fait l'objet d'un recueil du même nom, entrelardé de considérations anciennes sur les poissons d'eau douce. Le second concours, organisé avec le soutien de l'Établissement public Livre et lecture en Bretagne, et dont le thème de départ était une photo de l'étang de La Forge neuve, donnera lieu à un second recueil édité par l'Association des amis du moulin à tan, qui sera présenté le dimanche 11 septembre 2011. »

      Le jury, présidé par François Priour, lauréat 2010, a sélectionné


      Claire Béchec, pour Le dernier roman

      Gabriel Eugène Kopp, pour Le poisson

      Daniel Renouard, pour Le petit pêcheur de truites




      « Promenez-vous parmi les photos du site.
      Mais surtout, si vous vous arrêtez en Bretagne, faites une pause en forêt de Quénécan et autour du lac. Attentifs et patients, peut-être y rencontrerez-vous de drôles de poissons. Un lieu magique ! »
      Gabriel Eugène KOPP

      mardi 5 juillet 2011

      Caraïbes, le retour !





      Quelques poèmes de plus, mis en musique,
      dits par votre serviteur et le compositeur Gérald Koehl.

      Avec l’aimable autorisation des éditions Flammes Vives.


      Faites connaissance avec le compositeur



      Actus





      La Revue Rose des Temps publie dans son n°5 mon poème

      « Les Yeux » 

      ainsi qu’une critique dithyrambique de 

      Mots de passe 

      sous la plume du poète Patrick Picornot.



      lundi 16 mai 2011

      Dédicace le 21 mai


      Samedi 21 mai. Gabriel Eugène
      Kopp dédicacera « Mots de passe » (éd. Flammes vives, 12 EUR), de 15 h à 17 h à la librairie Vincenti, 41 Grand'rue à Haguenau.

      Un nouveau recueil de poésies de Gabriel Eugène Kopp

      © Dernières Nouvelles D'Alsace, Dimanche 15 mai 2011.

      Des vers crépusculaires 


      Écrivain touche-à-tout aussi prolifique que brillant, le Haguenovien Gabriel Eugène Kopp vient de publier « Mots de passe », un court recueil de poésies qui lui a valu le prix Jean-Cocteau 2010 de la Société des poètes français.


      Même s'il « griffonne » depuis l'adolescence, c'est un jeune écrivain -- son premier roman, Au nord-nord-ouest d'Éden, a été publié il y a tout juste trois ans . Et pourtant la dernière livraison de Gabriel Eugène Kopp, Mots de passe, résonnerait presque comme un chant du cygne, le cri de désespoir d'un homme « usé, vieilli, fatigué » qui voit s'enfuir la vie.

      « Il n'y a rien de plus universel que la mort »

      Le cap de la soixantaine ? Pas nécessairement. « J'aurais pu écrire ça il y a dix ans, évacue l'auteur. Je ne suis pas convaincu qu'on produit de la bonne poésie en faisant du nombrilisme : il vaut mieux dépersonnaliser. Au fond, il n'y a rien de plus universel que la mort : c'est un vilain passage qui nous attend tous, et j'ai voulu m'intéresser aux résonances intimes que produit son approche, quand la mémoire devient floue et le corps fout le camp. »
      Après un premier recueil de poésie baigné de soleil et de pluies chaudes, Caraïbes, inspiré de la Guadeloupe qu'il chérit (DNA du 26 janvier 2010), l'écrivain haguenovien, qui partage son temps entre les livres et les maladies mentales (il est psychologue à l'Epsan à Hoerdt), livre donc ici sa face sombre. « Gabriel Eugène Kopp exprime le douloureux écrasement de celui qui demeure en vie, seul, perdu, vide, écrit ainsi dans la postface la poète Aumane Placide. Une solitude immense dans un monde dont il accepte difficilement les lois, et qu'il ne comprend pas. » « C'est vrai que ce recueil est un remède radical contre la déprime : à la fin, on a presque envie de se flinguer », plaisante l'auteur.

      Les regrets, l'amertume, le désenchantement, les désillusions, la décrépitude et la mort inéluctable baignent ces vers crépusculaires, entre lesquels l'humour tente ici ou là de s'insinuer timidement -- l'auteur se décrivant malicieusement comme un « pessimiste gai » : ainsi de ce Dernier striptease, qui rappelle avec une ironie grinçante qu'au fil du temps, les corps se fanant, même les danses de l'amour deviennent malaisées.

      « il joue avec les mots comme un peintre avec les couleurs »

      Au-delà de cette vision plutôt sombre, ce qui distingue Gabriel Eugène Kopp, rend la lecture de ses poèmes sinon facile du moins indéniablement émouvante, et lui vaut la reconnaissance méritée de ses pairs -- Mots de passe a décroché le prestigieux prix Jean-Cocteau 2010 de la Société des poètes français --, c'est qu'il joue avec les mots comme un peintre avec les couleurs : ici du noir, beaucoup, du blanc, un peu, et d'infinies nuances de gris.

      Il fait montre également d'une grande créativité formelle, et ses textes les plus « classiques » imposent une musicalité évidente : ses vers distillent une petite musique lancinante, au point qu'on les imaginerait scandés par la voix d'outre-tombe d'un Bashung par exemple, sur quelques déchirantes notes de piano grêles ou d'accordéon souffreteux.

      Extrêmement prolifique, Gabriel Eugène Kopp considère dans un sourire qu'après les voyages et la mort, il lui reste l'amour et l'art à aborder pour « être un poète complet ». Ça tombe bien : les recueils sont prêts, en attente d'un éditeur. « À un moment, on est porté par le texte, glisse modestement le graphomane. Le cliquetis de la machine devient de plus en plus constant, les idées s'enchaînent comme dans une sorte d'état second. » Ils succéderont peut-être à ses deux courts romans de science-fiction et deux ouvrages de poésie déjà publiés, un troisième, Lorraines, consacré à sa région natale, devant suivre cet été. Et précéderont sans doute bien d'autres ouvrages : l'écrivain haguenovien a déjà sorti de ses tiroirs sans fond un recueil de nouvelles sur l'apocalypse, et un polar dont l'intrigue se passe en Alsace et dont le héros, s'il voit le jour et plaît, pourrait vivre sept autres aventures -- dont trois sont déjà écrites.

      Florian Haby 


        lundi 2 mai 2011

        Actus




        Mon plus récent ouvrage

        "Mots de passe"

        Prix Jean Cocteau 2010

        Edité par Flammes Vives

        Vient d'arriver chez nos libraires...



        samedi 19 février 2011

        Une journée ferroviaire dans la vie d’Eugène Gabriel KOPP


              Journée de neige…
              Beaucoup de neige ? Énormément !
              Connu en Alsace ? Peut-être, mais depuis longtemps je n’avais plus pelleté tant de blanc : j’avais passé le dimanche après-midi à fabriquer de la congère jusqu’au coucher du soleil afin de pouvoir sortir Titine dès potron-minet. « Titine », bien sûr, c’est la voiture. Et potron-minet, c’est six heures du matin, minimum syndical chemindeferrique.
              J’allais à Paris ! J’allais à Paris…
              De chez moi, la gare est à cinq minutes, et sauf glissades, rien ne m’empêcherait d’embarquer dans le 16m40 !
              L’heure, c’est l’heure ! Ce fut l’heure malgré le climat : nous ne faisions que retrouver d’anciens hivers et le tortillard, même modernisé, paraissait en terres connues : il chargea sa ration d’élèves, d’esclaves et d’excursionnistes pour la caraïbe strasbourgeoise, blanche elle aussi, en l’occurrence.

              Le TGV, machine moderne sans âme et tradition, sembla d’une autre humeur. Après quelques dizaines de kilomètres de fière et rapide circulation, il dut en rabattre et, donnant de la voix, annonça, contrit ? une demi-heure de retard.
              L’extinction de voies nous frappait. La neige faisait sonner rauque le rythme du train.
              Moi qui avais planifié sans le général hiver, mais avec le redoux planétaire, l’aménité thermique promise par les cieux, j’étais confronté à un premier possible ennemi ! Mais j’avais décrété aussi que rien ne pourrait endeuiller ou pétrir d’angoisse le sourire que cette journée m’envoyait.
              Je ne me laisserais pas impressionner !

              Comme on vendait des tickets de métro dans le train, il ne restait qu’à sauter, dans la rame, gare de l’Est, direction Porte d’Orléans, et à sortir, plus précisément : Odéon ! à la minute près – après Dupuytren, la rue, pas la contracture – la porte du 16, rue Monsieur le Prince…
              Ouvre sur une salle pleine comme un œuf… Il y avait encore quelques places. Une au premier rang. Et quelques minutes plus tard, le rituel (mais qu’en savais-je) démarrait…

              Allocution du président de la SPF ; passation de parole au vice-président chargé des prix littéraires ; procédure en plusieurs temps : petite introduction historique et littéraire sur le poète patronnant la distinction, présentation du poète élu, de son œuvre, remise de diplôme, remise de médaille, serrage de pognes, séance de photo concomitante, pour finir avec la lecture d’un ou deux poèmes de l’œuvre couronnée. La lectrice, émue et prise au dépourvu, mais de bonne volonté, avait — comme il se doit — des soucis dans les styles libres, libérés et modernes, aucun avec les textes classiques et néo-classiques.

              Ainsi, vaille que vaille, entre les présents, les absents représentés ou non, les défunts, on arriva à l’apéro, court et bon enfant. Le restaurant, dix mètres plus haut dans la rue, nous servit un couscous maghrébin très fouillé, accompagné de vins, rouges ou rosés sympathiques.
              La journée valant qu’on sursoie à la diète, je fis honneur au déjeuner et après deux heures de discussions, de joyeux tapage et de francs amusements, on se quitta vers 16 h.

              Rendus à la gare, tous les voyageurs apprirent que les Très Gravement Valétudinaires nouveaux rapides avaient, cette seconde fois pour la journée, une heure de retard et que notre correspondance pour les campagnes profondes était compromise ! La suite au lendemain ? Dans un hôtel strasbourgeois à proximité de l’arrivée ? Voire !

              Dans le train, l’aimable contrôleur — cela mérite d’être souligné — interrogé nous précisa avec un sourire qu’un autobus de la SNCF partirait pour une ultime virée dans les nuits neigeuses vers 21 h 55. Inconscients, nous en fûmes rassurés : la balade, sportive, glissante et duraille, obligea les transportés à tirer leur chapeau aux vaillants automédons du rail sans rails ! Rentré à 23 h 30 ? Après ce que la journée m’avait apporté, ces retards étaient indiscutablement bénins, voire bénis !
              Me voici donc, primé et à pied d’œuvre pour une livraison d’actualité en ce carnet virtuel : vraiment, à présent que me voilà un homme public, il est temps que j’apprenne à endormir le public…

        vendredi 18 février 2011


        CLÉS
        Confessions Lacunaires d’un Egomane Suroccupé
        Ou
        De la théorie du bégaiement in historiis

        mercredi 16 février 2011

        Version première


              Présenté par les organismes qui requièrent ses compétences de conférencier comme psychologue clinicien, psychanalyste, philosophe et théologien, il précise volontiers que cette dernière qualité et son intérêt pour la sociologie sont plutôt l’expression d’un souci de rigueur intellectuelle dans le cadre d’un métier qui implique un style particulier de lecture du monde, des hommes et des productions de leur esprit.
              Il ajoute avec un certain cynisme, comme un « ancien », que sa carrière paradoxale et chanceuse, les mouvances de la vie, le soin aux malades hospitalisés et une certaine intransigeance éthique le firent participer avec bonheur aux trente glorieuses de la psychiatrie française avant d’assister aux débuts de la déréliction marchande de ce soin prometteur et riche d’avenir : « Nous avions la possibilité de faire disparaître la maladie mentale à peu de frais et en respectant la vie des individus, il nous fallait juste du temps… »
              […]
              Loin de l’édition, il n’est jamais resté éloigné de l’écriture puisque ses conférences, cours et travaux universitaires comptent plusieurs volumes de notes, de brouillons et de textes parachevés. Ses « Méditations Incongrues » regroupent par ailleurs des réflexions moins professionnelles sur ses lectures et ses observations du monde au sens général. Des éléments de biographie, de correspondances et de poésie sont regroupés dans trois volumes titrés : Biologographies – Mythologomanies – Electrologofolies qu’il préfèrerait laisser ignorés encore un temps, notamment quant à certaines pages délicates pour les gens qui ne savent pas ce que littérature veut dire. Mais, comme pour tempérer ce germe de paranoïa, il ajoute qu’un tel risque a de tout temps été connu ; au moins depuis que les comptables laissèrent des ostraca.

              Sous le pseudonyme de Jérémy « Max » Egalter ses nouvelles littéraires en sont à leur second volume.

        Fardiers et tilburys


              « Bien sûr que j’ai eu des idoles. Chaque période de ma vie semble avoir eu les siennes et si je vis encore vingt ans, peut-être en aurai-je d’autres. J’étais adolescent lorsque “The Long and Winding Road ” se borna à un succès d’estime auprès des gosses de ma génération. Moi, elle m’a toujours secrètement — l’âge était cruel — ému aux larmes, ramené sur l’avant de la scène, mais dans le trou du souffleur : sanglots, tendresses oubliées ou défectives, larmes ? Je ne sais plus, mais j’ai fini par haïr l’adolescence autant que le mot qui la désigne. Et pas seulement parce qu’il évoquait une idée de moi-même, de la vie que j’étais contraint de mener et que j’ai vite préféré oublier. Mais elle est là, cette vieille idée, cette vieille chanson. Mobilier de bureau tenace. Soudé au plancher par la rouille de l’oubli...

              Évidemment, je vais un peu mieux et depuis cette amélioration je rumine. Qui a posé le disque des Beatles à côté du petit lecteur sur la table de chevet ?
        Si j’avais pu me douter... Pas de ce que j’allais devenir après avoir adulé le groupe de Liverpool, mais du fossé, de l’arbre, du ravin ! Qu’aurais-je fait si j’avais eu le don de prophétie ? Qu’aurais-je pu entreprendre ou prévoir ?
              Avertir les populations concernées par la dangerosité du site où j’allais venir me vautrer ? Battre le rappel ? Tenir des meetings avec des panneaux : « Attention, ici virage dangereux, où je vais mourir, ou presque, d’ici quelques jours ! » Qui est concerné ? Qui se sent concerné ?
              Le tocsin ? Peste ! La sirène ? Feu. Tout le monde est concerné ? Qui donc, personne sauf moi, et Cassandre fut la plus inutile des femmes puisque prévoir est à la portée de tous, mais que la vérité n’est à portée de personne. Tout le monde sait — comment mépriser l’arborescence des infinies causalités qui aboutissent à un accident —, prétendre ensuite que c’était évident que cela arrivât.
              Et chacun de fanfaronner : la météo, l’amour, le passage, la bonne clé oubliée dans un trousseau perdu, la serrure d’aucune porte et l’opinion finale. Voilà l’horizon du genre : l’opinion. Mais c’est évident, ma bonne dame, la chute du quatre-vingt-douzième étage si on fait l’équilibriste sur le garde-fou du balcon, le cancer attaché au briquet et à la cigarette, la dent cassée sur un biscuit trop sec, la fracture si on s’aventure hors des clous.
              Imprévisible qu’à la suite d’une discussion stupide et sans danger, on se retrouve le crâne fendu dans un fossé ? Voire !

              Je ne suis pas amnésique. Nous ne sommes ni au cinéma ni dans un roman plus ou moins brillant entre le policier et la confidente. L’amnésie est un luxe sans douleur pour moi. Je nage dans la confusion et je mélange tout. Je le sais, mais je n’ai aucun contrôle… et j’en souris d’un air niais.
              Je me souviens pourtant de la souffrance qui préside à chaque changement d’état : un regret comme un savoir, une prescience comme une présence du passage, un prodrome comme une déchirure ! L’amnésie sera toujours la bienvenue en ma maison. En attendant — quoi donc ? —, mon seuil reste vide et je comptabilise chaque éclair qui fouaille, puis brise, ma tête. Des contenus aberrants rajoutent une couche d’angoisse à ce qui paraît un souvenir. Je ne me souviens pas, je juge de ce qui paraît fou, et je m’en souviens, puisque je l’attribue à ma mémoire dans ma mémoire.
              Imprévisible ? Peut-être. Improbable ? Certainement pas ! Alors, le crâne encore fendu dans mon fossé j’avais envie d’écrire que prévoir serait la ruine des compagnies d’assurances. Avant de m’éteindre.
              La pensée est idiote. Mes pensées sont idiotes. Il n’y a qu’une chose qui puisse ruiner une compagnie d’assurance, ce serait d’assurer ce qui n’existe pas, rendant ainsi l’escroquerie improuvable ! Que voici un excellent moyen de prouver ce qui est réel ou non : la ruine. »